Être low-tech, est-ce être amish ?
Publié par Jacques Tiberi dans Billets Le
25/05/2024 à 13:56
Ils sont anti-smartphone, anti-voiture, anti-avion, anti-fun… Les lautéqueurs - pratiquant de la low-tech - rêveraient-il de revenir à l'âge des cavernes et imposer le "modèle amish" ? Le projet de société de ces bobos bricoleurs ne serait-il fait que de restrictions et de morosité, sans désir ni plaisir ? Tentative de réplique.
"On est pas anti-fun... on refuse d'obéir aux injonctions de la société consumérisme".
Le constat est simple : la société de consommation est basée sur un système de propagande marketing qui crée des besoins artificiels et impose une « dictature monopoliste sur les besoins et les goûts des individus » (André Gorz).
La Low-Tech va donc chercher à "émanciper l’individu et le libérer des leurres et frustrations des besoins artificiels" (Ivan Illich), pour entrer en déconsommation.
Ainsi, le lautéqueur est plus libre, dépense moins, et ressent moins de frustration.
"On ne déteste pas la voiture ou l'avion, on trouve juste que les S.U.V et les charters, c'est débile".
Vous trouvez vraiment que les tanks énergivores que l’essentiel de la population ne pourra jamais se payer sont désirables ?
Il faut arrêter de confondre "plaisir" et "captations publicitaires" : vous n'êtes pas obligés de prendre l'avion pour passer des vacances dépaysantes. À nos yeux, prendre son vélo et le train, ça permet de gagner du temps, d'économiser de l'argent, de profiter de la vie.
"On préfère créer du lien social réel, plutôt qu'obéir à des algorithmes manipulateurs. Pas vous ?"
Plutôt que de passer des heures à scroller - ce que les réseaux sociaux nous forcent à faire grâce à un design manipulateur - on préfère passer notre temps libre à des activités artistiques, relationnelles, éducatives, d’entraide, etc.
Bref, on donne la priorité à la sociabilité, contre la solitude et l’ennui que provoque la société numérique. On tente d'échapper à la marchandisation de tout.
« La sobriété n’a rien à voir avec l’ascèse. Il s’agit simplement de s’épanouir au-delà des frustrations et des gaspillages. »