Test du vélo pliant électrique MyLuluBike : un amour de machine
Publié par Jacques Tiberi dans Extraits du mag Le
12/08/2026 à 08:44
MyLuluBike : un petit passe-partout qui ne passe pas inaperçu !
Cet article est extrait du n°20 du Low-Tech Journal. Découvrir le magazine.
Un mois durant, j'ai bringuebalé MyLuluBike dans toutes mes tribulations multimodales : train, ville, coffre de voiture, forêt, bus, ascenseur, bureau, escalator, tram, etc. J'ai traversé Paris du Nord au Sud, traversé un champ de colza, traversé la France en TGV. Et je lui ai toujours trouvé une petite place où le caler.
« Oh qu'il est mignon. » J'ai l'impression de voyager avec un Jack Russell Terrier. Plié, le vélo est très compact. J'ai même réussi à le glisser dans le compartiment à valises du TGV… ni vu, ni connu !
J'aime rouler…
Je dois le dire, ce petit urbain m'a séduite. Son moteur répond toujours à l'appel et apporte une assistance agréable. Oui, ce vélo est un étonnant rouleur ! Le moteur — dans la roue avant — assure et n'est pas trop bruyant. La position de conduite est bien équilibrée. Il est facile de soulever la roue avant du vélo pour franchir le bateau d'un trottoir, rien qu'en jouant avec le poids du corps. Les kilomètres s'enchaînent en douceur. Sur l'asphalte, on ne fait pas la différence avec un grand VAE. Sans amortisseur, il est un peu tape-cul sur les célèbres pavés des rues parisiennes… mais on ne peut pas tout avoir !
La batterie suffit amplement en ville. Son grand atout est d'être « invisible », car intégrée dans le moteur… contrairement à celle du Brompton électrique, plus endurante mais amovible, pesant 3 kg, et qu'on doit porter à l'épaule ! MyLuluBike propose une batterie supplémentaire, en forme de gourde à placer sur le cadre. Mais, à mon avis, ce n'est pas nécessaire : même en cas de panne sèche, il s'emmène très facilement sur le plat.
Taillé pour la multimodalité !
Nous voilà partis dans un train de banlieue. Sur le quai, je dévisse le cadre, et la cinématique de pliage (identique à celle des Stern et Brompton) permet un pliage en 15 secondes. Le vélo trouve aisément place dans le compartiment pas trop bondé. Il tient debout tout seul et résiste aux secousses du trajet. Petit conseil : évitez les bus, le regard de la plupart des Parisien·ne·s n'est pas vraiment sympa.
Une fois arrivée à destination, dans les longs couloirs entrecoupés d'escaliers de la gare, j'ai souvent préféré le déplier et le faire rouler en « position réduite ». Laissez-moi vous expliquer, car c'est ça l'innovation de MyLuluBike. Guillaume Lurois, son concepteur, a trouvé une astuce pour proposer un mode de pliage intermédiaire, rapide et pratique : la roue arrière vient coulisser pour se rapprocher du centre du vélo et ainsi réduire son encombrement. On a donc 3 « positions » : ouvert, réduit et plié.
La BMXperience
Allez, en selle ! J'avoue, la position la plus confortable, c'est la monture sportive : les fesses en l'air, pointes des pieds sur les pédales, BMX style. Parfait pour les descentes, les dos d'âne, les rues éventrées ! Au roulage, aucun bruit suspect, aucun manque de rigidité.
J'ai activé l'assistance sur le niveau 2 sur 5, ce qui suffit amplement. Le changement de vitesse s'effectue à l'ancienne, grâce à un poussoir — un système plus simple, accessible et réparable que la molette dans le guidon. Et les freins hydrauliques ne manquent pas de mordant, même sous la bruine ! Je dirais même qu'ils sont un peu secs.
Petites imperfections
- La batterie étant dans la roue, il faut amener le vélo à la prise pour le recharger, ce qui n'est pas toujours aisé !
- En position « réduite » (la roue arrière décalée), la chaîne est détendue et pendouille. En cas de choc, elle sort parfois du plateau. Un tendeur de chaîne à régler…
- J'aurais préféré recharger la batterie avec une prise USB-C, plus universelle que l'actuelle prise, digne d'un ordinateur portable. Mais je chipote !
Alors, j'achète ?
Bref, l'expérience de conduite est excellente et justifie en grande partie le prix plutôt élevé, il faut l'avouer : ce modèle est vendu 2 700 €… Mais il reste quand même 1 000 euros moins cher qu'un Brompton électrique !
Surtout, MyLuluBike, qui entend bien creuser son sillon, revendique une conception et un assemblage en France (le siège et l'atelier sont réunis dans l'Oise). Les cadres y sont soudés et peints. C'est suffisamment rare pour être souligné !