Publié par La Rédaction dans Billets le 09/12/2024 à 18:51
Comment forcer des gouvernements libéraux et pro-business à prendre des mesures de protection de la biodiversité et de décarbonation de l'économie ? Quelle attitude adopter, alors que les décideurs publics sont de plus en plus soupçonnés de conflits d'intérêts, voire de corruption ; mais aussi que la moindre action du "flanc radical" est qualifiée d'éco-terroriste par les gouvernants et les médias non-indépendants ? Voici une synthèse des réponses données à Blast par Claire Nouvian, fondatrice de l'ONG Bloom.
D'abord, miser sur les ONG afin d'obtenir des subventions publiques et privées et de profiter d'un cadre législatif protecteur.
Ensuite, se reposer sur des médias indépendants qui vont informer les citoyens et révéler l'influence des lobbys sur la prise de décisions dans les instances publiques.
De plus, ne pas hésiter à intenter des procédures judiciaires qui, même si elles n'aboutiront pas, vont mettre sous-pression les groupes poursuivis et occuper le terrain médiatique.
Les dirigeant n'obéissent qu'aux groupes financièrement et électoralement influents. Par exemple les pêcheurs industriels. Il faut donc agir par le boycott contre ces groupes industriels, afin que leurs dirigants prennent conscience d'une évolution des demandes des consommateurs et modifient leur modèle de production.
Mais, pour que le boycott soit efficace, il doit être massif. Il faut donc offrir des solutions alternatives viables aux consommateurs. Par exemple en les orientant vers une consommation de poissons issus de techniques de pêche "passives", artisanales et non-profondes. Et en valorisant la protection de la pêche artisanale. Une façon simple d'orienter les consommateurs est de fonder des labels indépendants et contrôlé par les ONG, qui pourront orienter le consommateur dans ses choix. À ce propos, on vous recommande le livre Le Boycott, d'Ingrid Nyströme et Patricia Vendramin (Presses de Sciences Po, 2015).
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