Publié par La Rédaction dans Billets le 29/10/2025 à 22:02
Dans l’imaginaire collectif, le monde des cryptomonnaies est souvent associé aux "crypto bros", ces investisseurs avides de rendements rapides et d’opérations spéculatives sur des tokens aux noms obscurs.
Pourtant, un courant alternatif émerge discrètement mais sûrement : celui des "Regens", contraction de regenerative finance (ReFi). Ces nouveaux acteurs du Web3 cherchent à réconcilier innovation technologique et responsabilité écologique, en mettant la blockchain au service d’initiatives durables.
Le terme "Regen" est en réalité un jeu de mots avec "Degen", diminutif de "dégénéré", désignant les traders crypto les plus téméraires. Mais à l’opposé des Degens, motivés par le profit immédiat, les Regens se veulent constructeurs d’un écosystème vertueux. Ils participent à des projets reposant sur la finance régénératrice, un pan du Web3 qui utilise les contrats intelligents pour stimuler des comportements bénéfiques à l’environnement et aux communautés.
Les projets soutenus par les Regens illustrent la puissance de la blockchain appliquée à des causes concrètes : reforestation automatisée via des smart contracts, compensation carbone traçable, chaînes d’approvisionnement plus transparentes, ou encore création de marchés pour les crédits carbone tokenisés. L’objectif ? Prouver que la technologie décentralisée n’est pas qu’un outil de spéculation, mais aussi un levier pour transformer positivement le monde réel.
Cette approche est cependant loin de faire l’unanimité. De nombreux observateurs soulignent l’empreinte énergétique des blockchains, notamment celles utilisant le mécanisme de Proof of Work (preuve de travail), comme le Bitcoin. En réponse, les Regens soutiennent des protocoles plus sobres, comme ceux basés sur la preuve d’enjeu (Proof of Stake), beaucoup moins gourmands en énergie. Certains vont plus loin en finançant des projets de compensation carbone ou en participant à des campagnes de sensibilisation à l’impact environnemental du Web3.
En France, l’intérêt pour les crypto-actifs ne cesse de croître. D’après une étude de l’Adan (Association pour le développement des actifs numériques), 12 % des Français détenaient des cryptomonnaies en 2024. Parmi eux, un nombre croissant s'intéresse aux usages éthiques de ces technologies, un terreau fertile pour l’émergence des Regens à l’échelle locale.
Certains membres de ce mouvement s’investissent également dans la gouvernance des biens publics numériques. Dans l’écosystème Ethereum par exemple, les Regens cherchent à préserver la qualité de l’infrastructure partagée en évitant la “tragédie des communs” – situation où les intérêts individuels nuisent à l’intérêt collectif. Ils contribuent activement au code, aux recherches et aux outils communautaires, consolidant ainsi la durabilité du réseau.
En somme, les Regens proposent une lecture alternative et résolument optimiste de la révolution blockchain. Loin des caricatures, ils montrent que crypto ne rime pas forcément avec cynisme ou pollution. Au contraire, en s’appuyant sur les outils de la décentralisation, les Regens veulent créer un Web3 au service du vivant, où les gains financiers ne sont pas une fin en soi, mais un moyen d’investir dans un futur régénératif.
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