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J'ai regardé pour vous le Showcase E4S de Jean-Marc Jancovici

jancovici intervention

Voici la synthése de la conférence donnée lors du Showcase E4S. Un évènement organisé par l"École d’Économie de Paris for Sustainability. Le thème : les "limites planétaires". 

Le techno-industrialisme nie les limites

Dans le modèle techno-industriel, les limites sont absentes : les publications de l'OCDE et d'autres revues d'économie postulent une croissance perpétuelle. "The sky is the limit". Pourtant, le monde physique impose des limites : le "gâteau planétaire" n'augmente pas.

Les humains partagent avec le règne animal des traits structurant leur rapport aux limites.

La paresse : une tendance biologique à minimiser l'effort pour survivre, expliquant notre préférence pour la voiture plutôt que la marche, l'ascenseur plutôt que les escaliers, ou la télévision plutôt que l'exercice.

L'accumulation, valorisée dans les civilisations des latitudes moyennes (berceau des innovations techniques récentes) pour survivre à l'hiver. Cette tendance culturelle rend l'insatiabilité chronique : l'humain n'en aurait "jamais assez".

Le statut social, essentiel chez les animaux sociaux pour l'accès à la nourriture et à la reproduction, pousse à accumuler au-delà de la satiété pour impressionner les pairs. Sans cela, Porsche ou Rolex n'existeraient pas.

L'énergie comme vecteur d'expansion illimitée

Ces traits nous ont conduit à créer des "esclaves énergétiques" : des machines permettant plus avec moins d'effort.

  • Un agriculteur moderne produit 200 fois plus de nourriture qu'il y a des siècles, grâce à des tracteurs (un de 60 kW équivaut à 600 paires de jambes humaines, un cycliste développant 100 W en moyenne sur 10 heures).
  • La consommation d'énergie par personne a été multipliée par plus de 30 en un siècle et demi ; avec une efficacité des machines accrue d'un facteur 10 à 20.
  • Cela équivaut à des centaines d'esclaves par humain. Mondialement, c'est 200 ; en France, 600 ; aux États-Unis, 1 000 ; dans l'auditoire (catégories supérieures), 1 500 à 2 000.

Les impacts de nos ponctions sur l'environnement sont invisibles dans la comptabilité

Dans la théorie économique classique, les ressources naturelles sont gratuites (vent, soleil, mais aussi pétrole, océans). Seul le travail humain est payé, du réarrangement des atomes aux produits finaux.

La diminution des stocks (cuivre, poisson, forêts, pétrole) coûte zéro, sans dotation aux amortissements.

Les problèmes environnementaux se divisent en "placards vides" (épuisement) et "poubelles débordantes" (pollution).

Pour le pétrole (placard vide), un rapport de l'Agence internationale de l'énergie (2018) indique un pic de production conventionnelle en 2008. Le pic global (pétrole brut + condensats) est novembre 2018. Des analyses prévoient un déclin significatif après 2030. Or, diviser par 3 notre consommation de pétrole conduirait à diviser notre production par 3 et abandonner la mondialisation.

Pour le climat (poubelle débordante), un réchauffement de 2-5 °C d'ici 2100 menace. Le CO2 persiste des millénaires ; pour limiter à +2 °C, il faudrait diviser nos émissions par 3 d'ici 2050 (-5 %/an, comme en 2020 avec le Covid ou 1945 post-guerre).

Une règle de 3 décompose : émissions = (CO2/énergie) × (énergie/PIB) × (PIB/personne) × population.

Diviser par 3 implique des choix : population stable/instable, PIB croissant (×1,7 à 2 %/an).

Solution : la contraction matérielle consentie. Une autre façon de dire : la décroissance. 

Regarder la vidéo dans son intégralité par ici.

N'hésitez pas à commenter si Janvocivi commet des erreurs factuelles dans sa vidéo.

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