Publié par La Rédaction dans Billets le 09/12/2024 à 13:57
La réactance est une théorie développée par Jack W. Brehm en 1966, pour expliquer les comportements de résistance que nous manifestons lorsque nous percevons face à des discours alarmistes - comme celui d'Aurélien Barrau sur le climat. Ce concept a trouvé de nombreuses applications, notamment dans les domaines de la psychologie sociale, ou des sciences de la communication.
La réactance est une réponse émotionnelle face à une restriction de nos liberté individuelle. On pourrait ainsi le surnommer "le syndrôme Hidalgo!!!!"
Cette restriction peut provenir d’une interdiction explicite, de la censure, ou même d’une pression sociale subtile (nudge). Lorsque nous ressentons cette restriction, nous cherchons à la contrer en réaffirmant notre autonomie, souvent par des comportements opposés à ceux attendus ou imposés.
La réactance est donc cousine de la théorie de l’engagement ou de la dissonance cognitive. Cette perspective montre comment des dynamiques internes complexes interagissent avec les pressions extérieures pour façonner les réponses humaines.
Les professionnels du marketing exploitent la réactance en utilisant des messages comme "Dépêchez-vous avant qu’il ne soit trop tard". Ces techniques jouent sur la peur de perdre une opportunité, une autre forme subtile de restriction de liberté.
Mais, lorsqu'il s'agit d'écologie (par exemple) la réactance a surtout des effets contre-productifs.
Dans le domaine de la santé publique, par exemple, des campagnes contre le tabac ou la malbouffe, perçues comme trop autoritaires, peuvent inciter certaines personnes à adopter précisément les comportements qu'elles cherchaient à éviter. Ce paradoxe est bien documenté par les chercheurs qui invitent à une communication plus nuancée pour éviter de déclencher une réactance involontaire (source).
La réactance, c'est ce que 90 % de la population recent à l'écoute d'un discours anxiogène façon Aurélien Barrau. C'est un phénomène universel qui touche à la nature même de l’autonomie humaine. La coercition ne fonctionne pas, elle ne mobilise pas. Le mobilisation par la preuve, par l'expérience, par la promesse d'une amélioration immédiate des conditions de vie (fin du monde, fin du mois, même combat) a beaucoup plus de chances de mobiliser activement ! À bon entendeur...
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