La charte d'interview du Low-Tech Journal

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Afin que les entretiens que nous menons pour le Low-Tech Journal soient de haute qualité journalistique, nous avons souhaité poser une forme de contrat moral entre nos journalistes et leurs interviewés.

Cette convention, nommée "charte d'interview", est lue par le journaliste au début de l'entretien, dès lors que le dictaphone est en route. Cela permet d'entendre la réponse de l'interviewé. Pour l'heure, cette pratique ne nous a pas valu de remarque négative, ni de conflit. Et elle a le mérite de poser les bases de la relation entre les deux parties, comme on dit. Bref, cela n'a, à nos yeux, que des avantages !

Pourquoi cette charte ?

Je ne vous apprends rien en disant que le regard de la population sur les journalistes n'est pas très positif (lire ici). Au mieux, ce sont des écrivaillons/baveurs incompétents qui se prennent pour des starlettes. Au pire, ce sont des vendus au plus offrant et des paillassons sans honneur.

À force d'entendre ces critiques - répétées par les élites comme les trolls (qui se confondent parfois) - même ceux qui pensaient respecter les journalistes finissent par avoir une certaine appréhension, le jour où ils deviennent l'objet de leurs articles.

En un mot : l'interviewé souhaite souvent avoir le contrôle total, tel un client d'agence de marketing ou d'attaché de presse.

Le contenu de la charte

Notre petit laïus n'a rien de bien savant. Ils tient en quelques phrases :

-Avant le début de cet entretien, je dois vous informer que vous serez enregistré. Cela ne vous dérange pas ?

-Le Low-Tech Journal est un organe de presse, il n'est pas une agence de relations publiques, ni de publicité. L'article qui sera publié sera le fruit du travail (toujours imparfait et subjectif) de journalistes. Cela vous convient ?

-Par respect, nous transmettons nos articles avant publication. Cependant, les citations publiées dans notre article reprendront rigoureusement les propos enregistrés. Ces citations ne pourront être modifiées, si ce n'est à la marge (un à deux mots ou une expression). Les descriptions, figures de style, avis et commentaires rédigés par nos journalistes, n'appartiennent qu'à eux et ne pourront être modifié(e)s. En revanche, les erreurs factuelles (dates, lieux, noms, données) que vous noterez seront toujours rectifiées à votre demande.

-Le Low-Tech Journal ne compte que 32 pages (+4 pages de couverture). Nous devons donc aller à l'essentiel, faire preuve d'esprit de synthèse et ne pourrons pas toujours imprimer l'intégralité de vos propos (il ne s'agit pas d'une conférence, mais d'une interview). Aussi, nous ne sommes pas une revue scientifique, mais un journal de vulgarisation tout public. Nous ne cherchons donc pas à être exhaustifs. Notre objectif est de donner au lecteur les clés de compréhension d'un sujet et les moyens d'aller plus loin s'il le souhaite.

Ce qu'apporte la charte

Si l'interviewé nous donne son accord, nous partons sur des bases saines. Dès lors que les règles sont fixées, le jeu peut commencer en toute confiance.

Cela a aussi le mérite de changer l'ambiance de l'entretien. Souvent amicale au début (proche du copinage), elle devient alors plus professionnelle. Notre interviewé est souvent plus concentré, plus tendu et plus précis dans ses réponses. Il prend le temps de choisir ses mots et de composer ses phrases. Et nous gagnons beaucoup de temps à les retranscrire sans tomber dans le "verbatim" et le rewriting souvent trompeur (traduttore, traditore).

Depuis que nous avons établi cette charte, l'équipe a gagné en sérénité. Une fois le micro éteint, l'ambiance se détend. On peut échanger des infos personnelles, blaguer, partager un bout de chemin, sans que ceci n'entache la relation "pro" que nous avons symboliquement posée quelques minutes auparavant. Une fois l'article rédigé, il est envoyé, pour relecture, à l'interviewé, avec des blancs, des approximations sur des lieux, des infos à vérifier. Et les échanges qui s'ensuivent sont souvent respectueux du travail journalistique - ce qui n'est pas toujours le cas ailleurs.

Le cadre symbolique que fixe cette charte a le mérite de rassurer tout le monde. C'est une forme de gong. Un décorum symbolique, qui distingue notre média "journalistique" d'un site de contenus. Cela ramène tout le monde dans une réalité où l'interviewé donne sa parole à un journaliste qui va la retranscrire et la contextualiser pour informer un lecteur... Et non faire plaisir à l'interviewé (ou sa promo). Ce qui ne va jamais de soi.

Jacques Tiberi

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