Publié par La Rédaction dans Editos le 05/10/2024 à 19:28
Les projets de mines de lithium à Échassières (Allier) et dans le Haut-Rhin suscitent des inquiétudes. À Échassières, des contaminations à l'arsenic et au plomb posent des risques sanitaires graves, tandis qu'en Alsace, des élus dénoncent des dangers pour la nappe phréatique, malgré l'autorisation de nouvelles prospections.
Il y a un an, le gouvernement a annoncé l'ouverture de la plus grande mine de lithium d'Europe à Échassières, dans l'Allier. Cependant, un rapport de Geoderis, révélé par Disclose et Investigate Europe, dévoile que le site est fortement contaminé par l'arsenic et le plomb, représentant un risque majeur pour l'environnement et la santé humaine.
L’ancien site minier, où Imerys a obtenu un permis d'exploration renouvelé en 2021, est classé au plus haut niveau de pollution minière. Les sols et eaux de la région présentent des niveaux de contamination dépassant largement les seuils de sécurité, posant un grave danger sanitaire.
Les habitants locaux, comme Roger Konaté, n'ont jamais été informés des risques. Des niveaux élevés d'arsenic et de plomb ont été détectés sur sa propriété, sans qu'il en soit averti. Le projet de mine de lithium, soutenu par l'État pour favoriser la transition énergétique, a ignoré ces pollutions préexistantes. Malgré les dérogations successives d'Imerys pour éviter des études d'impact indépendantes, des experts soulignent les dangers de dissémination des métaux lourds lors des nouveaux forages. Les autorités locales n'ont pas pris de mesures pour informer ou protéger la population, suscitant des inquiétudes et potentiellement des actions légales pour mise en danger de la vie d'autrui.
Cette enquête (à lire ici), signée Leila Miñano, a été réalisée par Investigate Europe, un collectif de journalistes indépendant·es DISCLOSE qui collabore avec des médias européens.
Jean-Luc Ginder, conseiller municipal de Bollwiller (Haut-Rhin), a lancé une pétition le 28 juillet 2024 contre la recherche de lithium dans le Haut-Rhin. L’État a accordé deux permis à la société Vulcan Energie France pour prospecter le lithium et les gîtes géothermiques sur 463 km² autour de Mulhouse. Malgré la consultation des 42 communes concernées en 2023, qui ont majoritairement émis un avis défavorable, l’État a validé les permis, provoquant l’indignation de Ginder. Il compare cette décision à une atteinte à la démocratie, semblable à l'utilisation du 49-3.
Le projet implique Vulcan Energie France et Stellantis (anciennement PSA) et prévoit d’installer une centrale géothermique à l’usine Peugeot de Sausheim d’ici 2026 pour fournir de l’énergie renouvelable et du lithium pour les batteries de véhicules électriques. Ginder souligne les risques pour la nappe phréatique et rappelle les problèmes passés des mines de potasse. Antoine Viola, maire de Brunstatt-Didenheim, exprime également des inquiétudes environnementales et appelle à une action concertée contre la décision du gouvernement.
Fabien Jordan, président de Mulhouse Alsace Agglomération (M2A), critique la méthode du gouvernement et cherche un compromis pour soutenir la décarbonation de Stellantis tout en protégeant l'environnement. Les élus envisagent de contester en justice les autorisations d’ici le 11 septembre 2024.
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