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Comment traduire Low-Tech en français ?

Screenshot 2023-12-24 at 16-07-34 Qu'est-ce que la low-tech de Jacques Tiberi

Tu voudrais expliquer la low-tech à ton oncle qui ne supporte pas l’anglicisme en vogue de nos jours ? Voici quelques clés de compréhension.

Low-tech, c’est un mot-zaïque, bricolé à base de bouts de concepts techno-critiques des années 1970, enduits de pratiques populaires. C’est aussi un concept éminemment franglais, puisqu’en anglais, il se traduit de deux façons.

Ce texte est (en partie) extrait du livre "Qu'est-ce que la low-tech ?" de Jacques Tiberi (Ed. Dandelion, 2023).

Aux origines anglophones de la low-tech

D'abord, low-tech se traduit par par sustainable technology, ce qui veut dire technologie soutenable (ou sobre).

Ensuite par intermediate technologies, ou technologies appropriées (un concept forgé en 1973 par l'économiste Ernst Friedrich Schumacher, que l’on retrouve dès 1989 dans le manifeste du Serviço de Tecnologia Alternativa brésilien, une ONG qui revendique une agriculture alternative).

Traductions françaises

Littéralement, low-tech signifie basse technologie en français.

En français, on préfère les notions d’outils conviviaux (venue d'Ivan Illich), de techniques autonomes (née sous la plume d’André Gorz), de biens émancipés des logiques consuméristes (selon William Morris), ou de technologies holistiques (une expression d'Ursula Franklin).

On peut aussi parler des basses technologies, ou, bien mieux, de technologies douces (formule de l'écrivain américain Stewart Brand).

Plus précisément, c’est un ensemble de techniques, d’objets, de services, de systèmes, de pratiques, de modes de vie ou encore de courants de pensées simples et à la portée de tous. Les low-techs conduisent à poser quelques questions fondamentales et trop souvent laissées de côté : pourquoi produit-on, pour quels besoins réels, que produit-on, quels types d’objets, à quel rythme, pour quelles conséquences sociales prévisibles et à quel coût écologique, direct et indirect ? À l’opposé des high-techs qui renvoient au détachement de tout contexte autre que marchand, la low-tech repose sur l’investissement des acteurs et de leurs démarches.

Pourquoi il est inutile de traduire 'low-tech'

Depuis plusieurs années, l’expression low-tech s’est imposée en France. Elle a été investie par de nombreux acteurs soucieux de réinventer les pratiques matérielles et les systèmes techniques. En s’inscrivant dans une longue généalogie de réflexions sur les techniques, elle prend la suite d’expressions comme « les technologies conviviales », « alternatives » ou « écologiques ».

Voilà pourquoi je préfère... low-tech, car LA low-tech, ce sont des outils, des techniques, et bien plus encore. Low-tech, c’est comme le S sur le torse musculeux de Superman. Personne ne comprend vraiment ce symbole, mais chacun y lit ce qu’il veut y voir, et cela en fait un signifiant puissant. Voilà pourquoi on ne va pas de si tôt "stabiliser le concept (pour) permettre aux pouvoirs publics d’accompagner son passage à l’échelle", comme l'écrit l’ADEME.

Voilà aussi pourquoi je porte un regard à la fois admiratif et méfiant sur la définition proposée en 2020 par l'Observatoire de l'Immobilier Durable (OID) - une association d'une cinquantaine d'entreprises engagées dans le développement durable. Une définition qui renvoie à celle, proposée par la même année par Arthur Keller et Emilien Bournigal.

Dans sa définition, l'OID imbrique les six critères qu'un système devrait cumuler pour être labellisé "démarche low-tech". Ces six critères sont : l'accessibilité (open source), la sobriété (sans superflu), la réparabilité, la résilience, l'efficience et la simplicité. Et, dans leur définition, Keller et Bournigal reprennent ces six critères, et en ajoutent trois autres : l'autonomisation (fabrication locale), l'empouvoirement (confère du pouvoir aux citoyens) et la reliance (partage, coopération et solidarité).

Ces deux définitions sont, à mes yeux, à la fois les plus abouties, les plus opérationnelles... Et les moins authentiques et accessibles de toutes.

Elles transforment, malgré elles, la low-tech en une sorte de check-list. Ce serait en faire une véritable marque. Et ce serait dommage.

Ce texte est extrait du livre "Qu'est-ce que la low-tech ?" de Jacques Tiberi (Ed. Dandelion, 2023).

Et pour conclure, voici une citation de l’ingénieur Philippe Bihouix : « Il ne s'agit pas de revenir à la bougie, mais de conserver un niveau de confort et de civilisation agréables tout en évitant les chocs des pénuries à venir ».

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