Publié par La Rédaction dans Extraits du mag le 13/08/2026 à 19:18
Près de 10 000 éoliennes peuplent notre territoire. 10 000 mâts, hauts de 200 mètres, faits de pièces plus larges qu'un Airbus. Pour chaque mât planté, 200 tonnes de béton sont coulées. De quoi remplir une piscine olympique.
Cet article est extrait du n°23 du Low-Tech Journal. Découvrez le magazine !
Chaque éolienne contient 600 kg de terres rares. Majoritairement du néodyme, un métal presque exclusivement issu d'une mine : Baotou, en Mongolie intérieure. "La ville du cancer", où l'espérance de vie ne dépasse pas les quarante ans. Et puis, il y a le cuivre. À l'heure où l'on parle de risque de pénurie, chaque éolienne en avale 4 tonnes, essentiellement tirées de mines du Chili et du Pérou aux allures de camps de concentration.
Une éolienne, c'est 2 millions d'euros. Leurs promoteurs, malgré des noms chantants, sont généralement des filiales de multinationales. Quand elles ne sont plus rentables, ces filiales sont liquidées. Dans 25 ans, elles ne seront probablement plus là pour démanteler ces monstres en ruines.
Une fois plantée, une éolienne… ne tourne pas souvent. Pas quand il fait trop chaud — le générateur ne pourrait pas refroidir. Ni quand l'ambiance est au givre. Elle ne tourne pas non plus entre 22 h et 7 h du matin, près des habitations — à cause du bruit — ni lorsque le vent souffle à moins de 15 km/h et à plus de 85 km/h. Bref, elles ne produisent pas grand-chose 70 % du temps. Et, quand elles tournent, les oiseaux et la faune terrestre sont perturbés par ces énormes infrastructures. Les migrations, la nidification, le cycle de reproduction s'en trouvent perturbés.
La transition promise n'a pas lieu. Ce qui est à l'œuvre n'a rien d'une transition. C'est de l'accumulation. La continuation de l'extractivisme par d'autres moyens. Un complément vert à l'énergie nucléaire. Tout ça pour 10 % de surplus… bien souvent exporté. Derrière les pales, toujours le même vent du mauvais du "progrès".
Nous avons fait lire ce réquisitoire contre les éoliennes industrielles à un chercheur associé à l'IFRI. Voici sa réaction.
Effectivement, la France compte environ 10 000 éoliennes, et les nouvelles vont jusqu'à 300 mètres ! Par contre, elles ne sont pas plus larges qu'un Airbus… Pour vous en rendre compte, je vous invite à monter dans une éolienne lors des Journées du Patrimoine, c'est une belle expérience. Pour chaque mât de 2 MW planté, c'est plutôt 600 tonnes de béton qui sont coulées…
En revanche, toutes les éoliennes ne contiennent pas de terres rares. Trois sur quatre n'en contiennent pas. Il y en a surtout dans les génératrices à aimants permanents des éoliennes maritimes, pour réduire les risques de pannes qui font exploser le coût d'entretien. C'est dans les éoliennes maritimes qu'on retrouve le néodyme et le dysprosium.
Quant au cuivre, désolé, mais ça fait 90 ans qu'on nous parle de "risque de pénurie". En réalité, selon les dernières études¹, la ressource de cuivre exploitable ne cesse d'augmenter grâce aux innovations des méthodes d'extraction, qui permettent d'exploiter rentablement les gisements à faible teneur en cuivre. D'ailleurs, on n'en trouve pas seulement au Chili et au Pérou, mais un peu partout. C'est le deuxième métal exploité dans le monde !
Ensuite, c'est vrai qu'une éolienne coûte autour de 2 millions d'euros. Parmi leurs promoteurs, on compte les groupes Mulliez, Siemens, EDF Renouvelables, Iberdrola, et beaucoup d'entreprises de taille intermédiaire, comme Valorem. Il y a peu de liquidations. Plutôt des rachats.
Et, franchement, d'ici 25 ans, le parc actuel aura probablement été remplacé par des modèles de nouvelle génération. Généralement, on remplace 5 machines par 3, plus efficientes. Ça permet d'avoir plus de production avec moins de mâts. Et, depuis la loi du 20 juin 2020, les constructeurs ont l'obligation légale de recycler les déchets et le béton…
Une éolienne… ça tourne 70 % du temps. Pas 30 % ! Ça tourne sous la canicule, et c'est équipé de revêtement anti-givre. Enfin, elles sont éloignées à plus de 500 mètres des habitations.
Alors, je veux bien qu'il y a 40 ans, une éolienne faisait un bruit d'enfer. Mais celles d'aujourd'hui ont des pales ajustables à la vitesse du vent, sont beaucoup plus discrètes, et font un bruit de machine à laver.
Quant à la force du vent, les modèles récents démarrent à 8-10 km/h, atteignent leur meilleur rendement à 35 km/h, et sont mis en sécurité autour de 100 km/h. Ça ne les empêche pas de produire pendant une tempête !
Quand on dit que leur "facteur de charge" est de 30 %, on ne dit pas qu'elles ne produisent rien 70 % du temps. On dit qu'elles produisent à pleine charge 30 % du temps. Je suis d'accord, ce n'est pas formidable. C'est lié au fait qu'en France, nous avons choisi d'installer des petits rotors — justement par peur du bruit et des perturbations de la faune… Mais l'impact des éoliennes est très faible par rapport aux autres sources de mise en danger de la biodiversité², comme les pesticides, les voitures et les chats redevenus sauvages.
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