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La voiture électrique est une fake-news écologique

Citroen Ami LT-14

On nous l’avait promis : la voiture électrique allait laver nos péchés climatiques. Retour sur ce jeu de pocker menteur.

La voiture électrique est devenue le champ de bataille. Or, tout le monde oublie que le problème, c’est pas la bagnole. C’est le besoin qu’on a de se déplacer.

Les grands constructeurs ont bien : Zéro émission = Zéro culpabilité. Tu peux continuer à foncer sur le périph’ !

Sur son cycle de vie complet, une voiture électrique rejette 3 fois moins de CO₂ qu’une thermique, au moins en France. Elle prends l'avantage dès 30 à 40 000 km.

Problème : 80 % des véhicules d'1,5 tonne se contentent de déplacer 80 kg de viande humaine.

La vraie question, c’est : pourquoi n'a-t-on aucune politique offensive de déploiement du covoiturage, de transports publics pas cher, de rétrofit des voitures thermiques...

Le pire ? C’est que ce délire électrique pourrait finir par se retourner contre la transition écologique elle-même. Parce qu’à force de mentir sur la “voiture propre”, on nourrit la méfiance envers toutes les solutions. 

La voiture électrique, c’est une solution technique coincée dans un système absurde. Elle ne changera rien si on ne repense pas tout le reste : les distances, les usages, le poids, la vitesse.

Redimensionner la mobilité

  • Remplacer les tanks sur roues par des véhicules sobres, petits, légers.
  • Passer du fantasme du SUV au réalisme du vélo cargo.
  • Imaginer des VELI (mini-voitures construires localement, réparables, à moitié vélo, à moitié OVNI

Lire : La voiture low-tech a existé, et elle était Française !

Le véhicule intermédiaire, chaînon manquant de la mobilité française

Parcourir la France autrement, lentement mais sûrement. C’est le pari qu’a relevé Jérôme Zindy, vélo-reporter, en réalisant un tour de France de 3 700 kilomètres à bord d’un véhicule intermédiaire : ni vélo, ni voiture, mais un objet roulant non identifié qui dit beaucoup de notre avenir. Son périple, baptisé Nouvelle Aventure Mobile, pose une question centrale : et si la sortie de crise de la mobilité ne passait pas par la voiture électrique… mais par plus léger, plus simple, plus sobre ?

Le véhicule qu’il a conduit, le Sorean de QBX Cycles, incarne cette voie médiane. Quatre roues, un toit, une assistance électrique, 120 kilos sur la balance, 80 kilomètres d’autonomie : un compromis entre le vélo à assistance électrique et la voiture électrique d’1,5 tonne. Un engin low-tech, fabriqué en France, réparable, durable, à mille lieues du SUV surdimensionné devenu norme. Mais Jérôme Zindy le rappelle : il n’existe pas un véhicule intermédiaire, mais une famille de solutions, allant de machines très proches du vélo à d’autres plus proches de l’automobile, toutes unies par la légèreté (moins de 600 kilos), la sobriété énergétique et la fonctionnalité.

Son tour de France avait un double objectif : documenter concrètement ces véhicules, et démontrer qu’une autre mobilité est possible, joyeuse et accessible. Car la voiture a façonné nos territoires, souvent jusqu’à l’impasse. Dans de nombreuses zones rurales et périurbaines, elle reste indispensable… tout en devenant financièrement intenable. Le vélo, lui, a un immense potentiel, mais montre ses limites sur de longues distances, avec du dénivelé ou par mauvais temps. Le véhicule intermédiaire apparaît alors comme une réponse pragmatique : dix fois moins polluant qu’une voiture classique, dix fois moins cher à l’usage — Jérôme Zindy évoque 7 euros pour 1 000 kilomètres — et rechargeable sur une simple prise domestique.

Au fil des rencontres, une constante : les gens se projettent facilement. Ils voient dans ces véhicules une solution crédible à leurs contraintes quotidiennes. D’autant que les usages ne se limitent pas au cadre domestique. Des collectivités expérimentent déjà ces engins pour leurs agents, la logistique urbaine s’y intéresse, et même le transport scolaire s’en empare avec des « vélobus » en bois. L’Ademe, via le programme eXtreme Défi, soutient cette émergence afin de structurer une véritable filière française capable de produire des véhicules « mille fois meilleurs que la voiture au quotidien ».

Derrière l’enjeu écologique se cache aussi un enjeu industriel et social. Des PME pionnières, mais aussi des équipementiers automobiles, voient dans le véhicule intermédiaire une opportunité de reconversion et de maintien de l’emploi. Encore faut-il lever plusieurs freins : un manque d’aides publiques équivalentes à celles de la voiture électrique, la question de l’accessibilité financière, et surtout un frein culturel profond. Notre rapport à la voiture reste chargé de symboles.

Pour Jérôme Zindy, le véritable défi est là. Le véhicule intermédiaire ne doit pas devenir un objet de plus dans un garage déjà plein. Il doit être le levier d’une remise à plat de nos usages. Repenser la mobilité en profondeur, plutôt que repeindre à l’électrique un modèle à bout de souffle. C’est peut-être là, enfin, que commence le vrai changement.

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